Fresques BaBel
Presentation | Première rotation : tôles en contact avec le sol, à l’intérieur de la Tour
Presentation
En 1980, j’ai hésité entre la sculpture et la peinture. Pensant qu’il me fallait choisir, faute de pouvoir tout faire, surtout pour un autodidacte en art, j’ai opté pour le sentier de la sculpture. La couleur est restée présente mais en petites touches d’accompagnement, ou pour le choix de tons justes dans les œuvres en bois.
Depuis 6 ans que je travaille le métal, la couleur a renforcé sa présence dans les filtres en plexiglas et les tôles, mais pas de vraies compositions picturales (et pourtant, la tôle rouillée accepte bien les pigments, permet des transparences superbes et des repentirs).
Après l’habillage de la Tour de Babel, la mise en valeur des motifs de rouille dans l’immense surface, extérieure et intérieure, m’a véritablement « pris aux tripes ». Beaucoup d’amis, peintres en particulier, m’ont exhorté à ne pas toucher, à laisser comme ça. Ils étaient, comme moi, éblouis par la force de ces motifs aléatoires, marrons-rouge avec des intensités noires et des effets de matières. J’avais aidé l’aléatoire en découpant et en posant les plaques selon leurs motifs, au cours de l’habillage de la Tour.
Inhibé par leurs mises en garde, j’ai démarré la peinture prudemment, à l’extérieur d’abord. Rassuré par les premières réactions, je me suis laissé aller à ce délire de peintre : une surface enspirale montant jusqu’à 6m20, avec des variations de dimensions et de motifs de base
J’ai choisi de me limiter à la première rotation extérieure et d’aller jusqu’à 6m20 à l’intérieur.
Parti du niveau du sol (première rotation de 360°), mon plaisir et mon enthousiasme sont montés avec les rotations et les juxtapositions.
La Tour de Babel ne raconte pas une histoire ni un mythe, ni une fable. Ces peintures sont une écriture libre et contemporaine.
Vous pouvez constater dans les photos présentées par ordre de rotation (première rotation en partant du sol etc.…), une grande diversité de styles, souvent loin du figuratif mais la composition et les clins-d’œil figuratifs semblent solliciter aisément les imaginaires.
Les « photographes » ont envie de multiplier les photos de détail mais les visiteurs rentrent sans appareil dans la Tour.!
Un chapitre « détails » peut être vu de même que « effets de lumières » et « photos inter-niveaux ».
Des diaporamas ouvrent chaque rotation, constitués des photos que vous pouvez après consulter une à une .
La deuxième rotation est particulière : elle est réservée à la trace des langues sur la terre soit grace à l’écriture du mot « terre » dans le maximum de langues des 5 continents, soit grace à des lettres de multiples alphabets, réparties dans l’entrelacement des « branches des cultures et des hommes ».
Il fallait bien cet hommage aux langues, et les signes ne sont pas alignés à la manière d’un monument aux morts! Sur une esquisse peinte de la tour de babel énoncé la conviction « la terre est le seul capital commun aux hommes, aux femmes et aux enfants. Don’t forget it , never, everywhere, everybody »
Cette fresque, fin octobre 2007, est en cours de finition plus d’un an après la première fresque d’intérieur. Les contraintes techniques sont importantes: ne pas travailler dès la moindre humidité (si on l’enferme elle ressortira !) , éviter les grosses chaleurs et les lumières trop contrastées ! Sans compter les méandres intérieurs du peintre, face à de telles surfaces en interaction !
Presentation | Première rotation : tôles en contact avec le sol, à l’intérieur de la Tour
sommaire des Fresques de Babel | summary of Frescoes inside Babel
Les rotations
Première rotation : tôles en contact avec le sol, à l’intérieur de la Tour.
Pour cette base, Freud et son invention de la psychanalyse, je ne sais pourquoi, m’a tenu compagnie, peut être pour affirmer une dimension hors-champs à l’époque babélienne. Encore que les rituels et certaines traditions de vie se révèlent comme des signes d’une connaissance profonde de l’homme. Mais le langage n’avait pas cette distance scientifique dont la supériorité qu’apparemment elle confère n’est pas souvent mise en doute.
Je repense aux laboratoires pharmaceutiques dont l’attention récente portée aux médecines traditionnelles traduit bien les limites de l’approche scientifique et le souci de capter ce qui peut faire profit aujourd’hui.
L’inconscient flotte sur ce premier niveau et la peinture se développe en trois atmosphères.
Le premier quartier esquisse la présence d’un petit groupe de personnages, tournés vers le public, mais sans regards, une sorte d’émergence.
En suivant, une deuxième fresque est composée de tons verts, bruns, noirs, bleus, assez sourds, associés à des forces incertaines et en mouvement, plutôt monstrueuses .Le mouvement des formes se fait dans une espèce de fond marin.
Après l’entrée (environ 2mx2m)) prend place, sur plus de 5 mètres, une composition plus abstraite, avec des couleurs qui viennent vers nous, dans des petits bouts d’ensemble complexes et aléatoires.
Les « morceaux » constituent des détails très enchaînés, dans lesquels l’œil se promène avec plaisir, en s’attardant souvent.
La composition dans son ensemble résulte d’une interactivité fertile entre la rouille et le peintre. La toile d’environ 10m2 a trouvé son état final en quatre ou cinq étapes, nécessaires pour donner les tons et l’autonomie à chaque partie et une résonance d’ensemble.
Dans cette fresque abstraite, surgissent deux ou trois visages ou profils, la frontière « abstrait-figuratif » étant toujours incertaine pour moi.
Presentation | Première rotation : tôles en contact avec le sol, à l’intérieur de la Tour
sommaire des Fresques de Babel | summary of Frescoes inside Babel













